Comment parler avec la police par Nicolai Lilin

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UrkasNotre loi nous interdit de parler avec les flics, tu sais pourquoi ? Ce n’ est pas par jeu; c’ est parce que les flics sont les chiens de garde de l’ état, ils sont les instruments que l’ état utilise contre nous. Ils m’ont fusillé quand j’avais 20 ans et, par la suite, j’ai toujours vécu humblement, sans jamais rien posséder, ni famille, ni enfants, ni maison: j’ai passé toute ma vie en prison, à souffrir et à partager mes souffrances avec les autres. C’ est pour cette raison que j’ai du pouvoir, parce que beaucoup de gens me connaissent et savent que, quand je croise les mains sur la table, je ne parle pas pour défendre mes intérêts, mais pour le bien de tous. C’ est pour ça, mon enfant, que dans notre monde, tous ont confiance en moi; Et maintenant, dis moi, pourquoi aurions-nous confiance en ceux qui ont passé leur vie à tuer nos frères, à nous jeter en prison, à nous torturer et à nous traiter comme si nous n’étions pas des êtres humains ? Oui, dis-moi , comment peut-on avoir confiance en ceux qui vivent grâce à notre mort ? “

 

“Les flics sont des gens différents du reste de l’ humanité, parce qu’ils éprouvent le besoin de servir, d’ être aux ordres d’un patron? Ils ne comprennent rien à la liberté et ils ont peur des hommes libres. Leur pain est notre douleur, mon fils, alors comment peut-on traiter avec des gens pareils ?”

Selon le code de conduite des criminels sibériens, un bandit ne peut pas communiquer avec les policiers. Il est interdit de leur adresser la parole, de répondre à leurs questions ou d’avoir un quelconque rapport avec eux. Le bandit doit faire comme si les policiers n’ étaient pas là et il doit recourir à la médiation d’une femme de la famille ou proche de la famille, à condition qu’elle soit d’origine sibérienne. Il doit communiquer en argot à la femme ce qu’il veut dire au policier, et elle doit répéter ses paroles en russe, et cela même si le policier comprend parfaitement leur jargon. Ensuite, une fois que le policier a répondu, la femme se tourne de nouveau vers le bandit et traduit tout. Le bandit ne doit pas regarder le policier en face, et s’il le nomme, il doit employer des termes injurieux comme “ordure”, “chien”, “poulet”, “infâme”, “bâtard”, “demi-portion”, etc..”

extrait d’ Urkas ! de Nicolaï Lilin:


Comment parler avec la police par Nicolai Lilin | 10 mai 2011
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